La France en Arabie Saoudite
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L’essentiel sur l’Arabie Saoudite

1. Données générales

- Nom officiel : Royaume d’Arabie saoudite
- Superficie : 2 253 000 km2
- Population : près de 23 millions dont environ 35% d’étrangers
- Capitale : Riyad
- Villes principales : Djeddah, La Mecque, Médine, Dammam, Al Khobar, Dahran, Taïf, Tabouk.
- Langue officielle : arabe
- Monnaie : riyal saoudien - 1 SAR = 0,197 € (2007)
- Fête nationale : 23 septembre (N.B : la fête nationale est officiellement fêtée depuis 2005)
- Croissance démographique annuelle : supérieure à 3,5 %
- Taux d’urbanisation : 80 % - Densité : 10 h/km2
- Taux d’alphabétisation : 80 % (H), 71% (F)
- Religion : islam
- Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,777 (76e sur 177).

- PIB (2006) : 351 Mds USD
- PIB par habitant (2006) : 13 241 USD
- Taux de croissance (2006) : + 4,2 %
- Taux de chômage (2006) : environ 12% (estimation)
- Taux d’inflation (2006) : 0.3 %
- Commerce extérieur (2005) : importations : 59,5 Mds $ / exportations : 181 Mds $
- Solde courant / PIB : +27,4 %
- Endettement extérieur : 9 % PIB
- Endettement interne : 27 % PIB
- Pétrole / réserves : 262 Mds barils, soit 22% des réserves mondiales (1er rang).
- Pétrole / quota : 9,4 Mb/J
- Revenus pétroliers : 42% du PIB, 80% des recettes budgétaires, 90% des exportations
- Clients pétroliers : Asie (45%), Amérique du Nord (18%), Europe de l’Ouest (15%)

2. Politique intérieure

Le Royaume d’Arabie Saoudite a été proclamé en 1932 par le roi Abdulaziz bin Abdulrahman Al Saoud après une épopée guerrière qui a duré près d’une trentaine d’années. Il est issu d’une alliance au XVIIIe siècle entre la tribu des Al Saoud et Mohammed Abdel Wahhab, réformateur musulman prônant un islam rigoriste. Le pays abrite les deux premiers lieux saints de l’islam, La Mecque et Médine. S’appuyant sur cette légitimité religieuse, la famille Al Saoud dirige l’Etat depuis sa création.

La découverte du pétrole dans les années 30, son exploitation à grande échelle dès les années 50 et la hausse importante de son prix dans les années 70 ont complètement transformé le pays en le faisant entrer de plain pied dans la modernité. Dès 1982, la chute des cours pétroliers, conjuguée à une croissance démographique dynamique, relativise cette richesse. Depuis cette date, le revenu par habitant a été pratiquement divisé par deux. L’Arabie saoudite reste cependant une puissance économique importante. Avec près de 25 % des réserves mondiales, elle est le premier producteur et le premier exportateur de pétrole.

L’accession au trône du roi Abdallah en août 2005 à la mort du roi Fahd et au terme de 10 ans de régence, a confirmé la prise de conscience des défis auxquels sont confrontés le Royaume : relative baisse des revenus des classes moyennes, aspirations de la jeunesse (65% de moins de 25 ans) en quête d’emploi et de reconnaissance, attentes sociales variées… Le nouveau roi met progressivement en œuvre une politique de réformes et d’ouverture politique, tout en prenant soin de ne pas bouleverser les équilibres de la société et du régime saoudiens.

Le Royaume a été confronté à une vague d’actions terroristes particulièrement violentes, revendiquées par Al Qaida, avec notamment, des attaques à la voiture piégée et l’assassinat de ressortissants occidentaux. En un an et demi (mai 2003-décembre 2004), plusieurs attentats d’envergure ont été commis et ont fait près d’une centaine de victimes. Cette série de violences a renforcé la volonté des autorités saoudiennes de lutter contre le terrorisme, volonté déjà présente après les attentats du 11 septembre 2001. Elle s’est manifestée notamment par des arrestations régulières, une reprise en main vigoureuse des extrémistes religieux et une intensification des mesures sécuritaires. En février 2005, le royaume a organisé une conférence internationale sur ce sujet. La situation sécuritaire continue de faire l’objet de la plus grande attention (tentative d’attentat sur le site pétrolier d’Abqaiq, en février 2005, assassinat de 4 ressortissants français, février 2007).

La lutte anti-terroriste s’accompagne d’un programme de réformes. Le rôle du Conseil consultatif dans le processus décisionnel a été accru. Une conférence pour le dialogue national a été instituée. Elle s’est déjà réunie cinq fois et a traité des sujets tels que la place de la femme dans la société, le fanatisme, la jeunesse ou le rapport à autrui. Des élections municipales partielles, se déroulant en trois phases se sont tenues à partir de février 2005. Enfin, deux femmes ont été élues, pour la première fois en novembre 2005, à la Chambre de commerce et d’industrie de Djeddah.

3. Situation économique

Le processus d’ouverture politique dans le Royaume s’accompagne d’un programme de réformes économiques afin notamment de lutter contre un taux de chômage important (entre 10 et 16 % selon les estimations). Le cap est maintenu vers la restructuration de l’économie dans un contexte extrêmement favorable, dû essentiellement au cours élevé du baril de pétrole. Les grands axes demeurent :

- la diversification des ressources,
- la « saoudisation des emplois » (exercice d’une préférence nationale dans les emplois publics et privés),
- la libéralisation et l’insertion dans une économie globalisée (avec l’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce en décembre 2005),
- l’appel aux investissements étrangers (changement du Gouverneur de l’Autorité saoudienne pour les investissements en mars 2004)
- le développement du tourisme.

Les privatisations sont entrées dans leur phase de concrétisation. La question du financement des projets d’infrastructures (développement du réseau électrique, télécommunications, transports ferroviaires et routiers, aménagements urbains, dessalement, traitement de l’eau, des déchets, environnement, exploitation minière) n’est cependant pas résolue alors que les besoins sont estimés à 17 Mds USD par an au cours des 10 à 20 années à venir. L’excédent budgétaire exceptionnel (plus de 26 Mds USD pour 2004) dû au niveau de production pétrolière et aux cours du marché particulièrement élevés devrait y contribuer mais il demeure conjoncturel. Il a cependant permis le lancement du projet de la « King Abdullah City », gigantesque pôle urbain et technologique qui devrait voir le jour au nord de Djeddah (26,6 Mds USD d’investissements).

4. Politique extérieure

L’Arabie saoudite est une puissance régionale importante, qui cherche à assurer sa sécurité et à contribuer à la stabilité régionale tout en maintenant des relations aussi solides que possible avec ses alliés américains et occidentaux. La relation fondamentale avec les Etats-Unis a été préservée pour l’essentiel malgré les attentats du 11 septembre 2001. La mise en place d’un Comité pour le dialogue stratégique, en novembre 2005, a officiellement scellé la « réconciliation » entre Riyad et Washington. Des divergences subsistent sur la stratégie à adopter face aux crises que traverse la région (processus de paix, Irak).

Le royaume joue un rôle moteur sur la scène régionale. Sur l’ensemble des dossiers régionaux, les initiatives se sont multipliées dans les derniers mois de l’année 2006. Cette montée en puissance de la diplomatie saoudienne a été confirmée lors du Sommet arabe de Riyad (29-30 mars 2007), où l’Arabie saoudite a montré sa capacité à assumer un leadership arabe. Le dossier nucléaire iranien ne cesse d’inquiéter les responsables saoudiens, qui continuent néanmoins de prôner l’apaisement. Riyad continue de plaider pour une dénucléarisation complète du Moyen-Orient, Israël compris. Les Saoudiens redoutent une déstabilisation régionale, qui amplifierait le désordre déjà à l’œuvre en Irak.

Au Liban, l’assassinat de Rafic Hariri a choqué les Saoudiens. Néanmoins, la préservation de la stabilité régionale constitue une priorité, comme l’a démontré l’initiative saoudienne de janvier 2006. Riyad continue donc d’oeuvrer pour une solution de la crise politique au Liban.

Les évolutions politiques, économiques et sociales en Irak constituent toujours l’une des préoccupations majeures des responsables saoudiens qui suivent attentivement la situation et souhaitent que les Nations unies jouent un rôle plus grand.

Souhaitant relancer le processus de paix au Proche-Orient, l’Arabie Saoudite est à l’origine d’un plan arabe de paix prévoyant une normalisation générale des relations avec Israël en échange d’un retrait de tous les Territoires occupés depuis 1967. Adopté au Sommet de Beyrouth en 2002,ce plan a été relancé à l’occasion du Sommet arabe de Riyad (mars 2007). L’Arabie saoudite reste active sur ce dossier en concertation avec ses partenaires arabes et souhaite collaborer avec le Quartet.

Le Royaume a réglé ses différends frontaliers avec ses voisins du Conseil de Coopération des Etats arabes du Golfe et avec le Yémen. Enfin, l’Arabie demeure attentive à son influence au sein du monde musulman. A travers l’Organisation de la Conférence islamique, dont le siège est à Djeddah, les autorités saoudiennes s’attachent aujourd’hui à diffuser l’idée d’un islam modéré.